


































PRÉAMBULE - J'ai tenté à quelques reprises de documenter avec
photos à l'appui la fabrication d'un vase segmenté mais la
distraction causée par l'absorption dans mon travail résultait en
l'oubli de prendre des photos à différentes étapes du projet. Mais
cette fois-ci, j'ai réussi à respecter mon plan et photographier le
vase à différents stages critiques de la fabrication. La préparation
de ce texte n'a pas pour but de produire un manuel de formation
pour ceux qui désirent apprendre le tournage d'une pièce
segmentée. Je laisse cette tâche à ceux qui sont mieux qualifiés
que moi dans ce champs d'expertise. Premièrement, c'est une
question de satisfaction personnelle et deuxièmement, une autre
raison égoïste, j'espère qu'en publiant ce texte, les experts qui me
liront auront l'amabilité d'offrir une critique positive du procédé, ce
qui me permettra d'améliorer mes méthodes de travail.
LE PLAN - La première étape dans la fabrication d'un vase
segmenté consiste à se doter d'un plan d'action. Il faut savoir
exactement ce que l'on veut accomplir. Ceci ne veut pas dire qu'on
ne doit jamais modifier le plan en cours de route mais il faut se fixer
un but et planifier comment l'atteindre. Premièrement, il faut
mentionner qu'un vase segmenté, comme son nom l'indique, est fait
de segments qui sont collés pour former des anneaux. Ces
anneaux sont ensuite empilés les uns sur les autres et collés pour
être ensuite tournés et produire un vase.
Avec l'aide d'un logiciel appelé "Woodturner Pro" je spécifie les
dimensions et le nombre de segments pour chaque anneau requis
dans l'élaboration du projet, ce qui me donne un croquis du
vase.(Photo1) J'ai ensuite l'option de modifier ce croquis à
l'écran en le reformant jusqu'à ce que j'atteigne le résultat que je
juge le plus conforme à l'image mentale que j'avais élaborée. Ce
logiciel me donne aussi un sommaire des dimensions requises pour
chaque anneau tel que, la longueur du segment, la largeur et
longueur requise de la planche pour le nombre de segments
composant l'anneau, et l'angle de coupe des segments. (Photo2)
Le vase que je planifie fabriquer en cette instance, aura une surface
dotée de carreaux de padouk ceinturés de séparateurs en noyer.
En ce cas particulier, et de façon à faire des carreaux symétriques,
la hauteur des segments se doit d'être égale à la longueur. Je
laisse donc le logiciel faire les calculs de la longueur et ensuite
j'ajuste l'épaisseur de la planche à une dimension correspondante.
Avec cette information, je suis prêt à commencer le travail.
LA COUPE DES SEGMENTS - Chaque planche qui est préparée
pour un anneau pécifique doit être coupée parallèle en épaisseur et
en largeur sur toute sa longueur et doit être absolument à l'équerre.
(Surfaces vs. côtés) La moindre déviation à cette règle ésultera
en un anneau inégal, de forme légèrement ovale ou en des joints
partiellement ouverts. Il est de la plus haute importance que la scie
soit bien ajustée, à l'équerre avec la surface de coupe et parallèle
au guide de coupe. Pour les scies radiales, la lame doit être à
'équerre avec le guide, (pour éviter le talonnage) et à l'équerre
en relation à la ligne de coupe. Ici, je me sers d'une scie radiale
ajustée à 90 degrés pour la coupe des segments, assisté d'un
gabarit maison qui est ajustable à l'angle précis requis. Je préfère
l'emploi du gabarit car la scie radiale pour coupes angulaires
manque de précision. J'ai fabriqué mon gabarit en y incorporant un
guide de coupe de précision fait par "Incra". Ce guide de coupe est
normalement employé sur des bancs de scie mais je l'ai adapté à
ma scie radiale. Afin de couper un groupe de segments de
longueurs parfaitement égales, je me sers d'un bloc d'arrêt
rétractable. Le problème avec un bloc d'arrêt fixe est que le
segment qui a été coupé a tendance à se coincer entre celui-ci et la
lame de scie ce qui peut résulter en un rejet violent par la lame. En
installant le mien sur un pivot et avec un ressort, il pivote suivant la
coupe du segment et le repousse hors d'atteinte de la lame. Dans la
photo 3 on a une vue d'ensemble du gabarit. Chaque composante
du gabarit est identifiée dans la photo 4 comme suit:
1- Guide de coupe.
2- Serre de Retenue.
3- Bloc d'arrêt ajustable pour des segments de longueurs égales.
4- Crochet ajustable selon la longueur du segment pour repousser
celui-ci suivant la coupe.
5- Mécanisme de verrouillage pour le bloc d'arrêt.
6- Micro réglage.
7- Pivot du bloc d'arrêt.
La photo 5 montre la coupe du segment complétée et le segment
éloigné sécuritairement de la lame de scie.
PROTOTYPE - Je débute toujours un projet en fabricant un anneau
prototype avec des rejets de bois. Et ça doit être des rejets en bon
état, c'est-à-dire, parallels en tous sens et droits et qui peuvent
résulter en des segments acceptables. Pour un anneau composé
de douze segments, comme c'est le cas pour le projet en référence,
je coupe premièrement trois segments dans la pièce de bois de
rejet que j'ai premièrement aplanie et mise à l'équerre sur la
dégauchisseuse, et parallèle sur le planeur. J'assemble ces trois
segments à l'intérieur d'une équerre pour vérifier s'ils résultent à
exactement 90 degrés. Si je n'ai pas 90 degrés, je rejette ces
segments, j'ajuste soit scie, gabarit ou pièce de bois et je
recommence. Quand j'ai atteint les 90 degrés, j'en coupe trois
autres et j'assemble les six segments pour former un demi-cercle et
je vérifie avec une règle. Je devrais maintenant avoir exactement
180 degrés. Si tel n'est pas le cas, j'ajuste et recommence au
début. Lorsque j'ai atteint le 180 degrés, je coupe six autres
segments. Avec un total de douze segments, je complète mon
anneau et le retiens bien serré avec une sangle métallique. Je
l'examine à la lumière du plafond afin de m'assurer qu'aucune
lumière n'est visible a travers une fissure ou un joint mal formé.
C'est seulement à ce point que je peux avoir la certitude de la
précision de mes ajustements d'outils.
Il s'agit maintenant de couper les segments du projet. Je suis alors
assuré que tous seront de dimensions égales. Le processus est
répété jusqu'à ce que tous les segments soient coupés. Autant que
possible, je coupe tous les segments pour tous les anneaux dans la
même opération. Alors que la scie et le gabarit sont ajustés à
l'angle requis, et que le premier anneau après vérification s'avère
acceptable, surtout au point de vue de la précision des angles de
coupe, il n'y a pas de meilleures occasions pour couper tous les
segments. On sait alors qu'on ne rencontrera pas de problèmes
d'assemblage en raison d'un angle imprécis. Lorsque j'ai réussi un
premier anneau, je suit confiant que les autres seront aussi précis
que ce premier.
Les planches pour les différents anneaux ne seront pas
nécessairement de la même largeur ou épaisseur. Je coupe donc
les plus larges ou plus épaisses en premier car s'il me reste un bout
de bois d'une dimension utilisable, je peux le réduire à la dimension
requise pour l'anneau suivant. Si je commence par celui de moindre
dimension, je ne peux rien faire avec les restes puisque les
segments de l'anneau suivant devront être d'une dimension plus
grande. Et c'est avec confiance que je coupe tous les segments
requis pour la fabrication du vase. Je les rassemble par lots et
numérote chaque lot avec le numéro correspondant à celui de
l'anneau indiqué sur mon plan. Il va sans dire qu'il faut ajuster le
bloc d'arrêt des segments pour chaque anneau car la longueur des
ceux-ci est susceptible de changer selon le diamètre de chacune.
Et lorsque tous les segments sont coupés, je commence le collage
dont le procédé est décrit plus bas. Je ne fais qu'une vérification
sommaire de la précision des coupes, je sais qu'elles sont précises.
Je colle donc tous les anneaux, l'un après l'autre durant la même
opération. Quelle épargne de temps. Et ceci est ma récompense
pour le temps investi dans la préparation et l'ajustement des outils
et du bois, ainsi que de la fabrication d'un prototype avant de
m'attaquer aux segments réels. Et un conseil en passant, évitez de
poncer le segment, soit pour l'adoucir ou pour corriger un angle.
Ceci aurait pour effet de raccourcir le segment quelque peu que ce
soit, changer l'angle du joint ou de fausser l'équerre du
segment. Il est de beaucoup préférable d'utiliser une lame de scie
qui donnera une surface propre au collage. Personnellement,
j'utilise la "Forrest Woodworker 1", et la qualité de coupe est
impeccable. Mais toute lame de qualité fonctionnellement adaptée
aux coupes transversales donnera un résultat convenable.
COLLAGE DES SEGMENTS - La photo #7 montre le collage de 12
segments de padouk chacun séparé par une pièce de noyer de ¼".
Mais préalablement, et pour m'assurer un joint solide, je nettoie la
surface du bois avec de l'acétone pour enlever toute trace d'huile
naturelle dans le bois avant d'appliquer la colle. (Photo 6) Ceci
doit être fait juste avant le collage (et seulement pour les bois qui
contiennent de l'huile) car l'huile refera surface peu de temps
après le nettoyage. J'emploie de l'acétone pour sa rapidité de
séchage.
Ici, un commentaire s'impose concernant ma procédure de collage
des segments qui peut soulever certaines contreverses. J'ai, dans
le passé, employé une méthode de collage où deux segments sont
collés et retenus par une bande élastique. Ensuite, deux "paires"de
segments sont collés et retenus de la même façon et ainsi de suite
jusqu'à l'obtention d'un demi-cercle. J'ai employé cette méthode à
quelques reprises mais je n'ai jamais eu de bons résultats. Coller
deux segments et les retenir avec une bande élastique est une
méthode simple, facile et efficace. Lorsque l'on colle deux paires de
segments ensemble, il commence à être difficile d'équilibrer la force
de serre sur la périphérie entière de la pièce car l'élastique a
tendance a appliquer plus de force de "tirage" sur le côté intérieur
où il n'est appuyé que sur les coins des segments. Ceci résulte en
un joint qui tend à ouvrir du coté extérieur où la force de serre est
moindre que du coté intérieur donc, un joint faible. Lorsqu'on en
vient au demi-cercle, il est alors très difficile d'appliquer une force
de serrage équilibrée et il n'est pas rare de détecter des joints
partiellement ouverts et conséquemment, un demi-cercle qui n'a pas
exactement 180 degrés. Cette méthode se doit d'être suivie d'un
sablage des
deux extrémités des deux demi-cercles pour qu'ils se marient
précisément et ainsi en faire un anneau complet. Mais en sablant,
quatre segments ont raccourci ce qui résulte en un anneau
légèrement ovale. Ceci peut être acceptable pour certaines
applications, mais on ne pourra jamais aligner les lignes de joints
parfaitement si des anneaux contiennent des segments de
différentes dimensions. Et aussi, si on veut arrondir un ovale, il
faudra enlever plus de matériel du coté extérieur long, et plus de
matériel du coté intérieur court, résultant en un mur aminci. Pour
toutes ces raisons, je préfère investir plus de temps dans
l'ajustement de mes outils et de la dimension du bois lui-même et
ainsi m'assurer des anneaux parfaitement ronds et avec des joints
solides. Et ceci prend une importance primordiale si on veut créer
un motif sur le vase avec des bois différents ou encore, pour la
fabrication du vase à laquelle cet article fait référence, car les joints
de celui-ci doivent être en parfait alignement. Je devrais aussi
ajouter qu'il ne faut pas utiliser une ponceuse pour adoucir les
surfaces à coller des segments. Il est de beaucoup préférable
d'employer les bons outils pour faire une coupe acceptable pour le
collage et ainsi éviter de modifier les dimensions du segment.
Ma façon de procéder pour le collage (voir photo 7) est
d'appliquer la colle sur les surfaces des segments de padouk ainsi
que celles des séparateurs en noyer. Le tout est assemblé et retenu
par une bande métallique genre "serre à boyeau". Deux bandes
sont employées si l'anneau le requiert en raison de son épaisseur,
afin d'appliquer une pression égale sur la longueur totale des
segments. Les bandes sont serrées légèrement afin d'expulser
l'excédent de colle. Celui-ci est essuyé avec un linge humide (pour
une colle à base d'eau) et chaque segment est vérifié afin de
m'assurer que tous sont bien alignés et font contact avec la serre.
L'évacuation de l'excédent de colle aura pour effet de relâcher un
peu de pression de la serre qui devra être resserrée légèrement
mais pas complètement. J'installe alors l'anneau sur une surface
unie (mon établi en l'occurence) recouverte d'un morceau de
papier ciré et je procède à l'ajustement des segments à une hauteur
uniforme. Un marteau anti-rebond est mon outil favori pour cette
opération. Lorsque les segments forment une surface égale, je
resserre la bande métallique autant que possible.
Maintenant ne vous laisser pas duper par le mythe qu'une pression
considérable fera sortir toute la colle du joint et donc résultera en un
joint faible. Il n'existe pas de force au monde pour expulser toute la
colle d'un joint. Et tout particulièrement lorsque l'on colle des
segments dont les fibres ont été coupées en angle, ce qui les rend
plus absorbants de la colle. Quoiqu'une grande pression n'est pas
nécessaire pour certaines applications de collage, il est de mon
opinion que concernant l'assemblage de segments en un anneau, il
faut bien serrer pour que chaque composante soit bien ancrée à sa
position respective. Et comme dans toute opération de collage, la
préparation de la surface du bois est l'étape la plus importante. La
photo #8 nous montre un anneau nouvellement collé et ceinturé
d'une bande bien serrée. Tous les segments sont équidistants du
centre et forment un cercle parfait (si on exclut les plats de la
surface) et il n'y a aucune ouverture ou fissure dans les joints.
Mais cette réussite n'a été possible qu'en raison de la préparation
précise des segments. C'est à dire, uniformité des longueurs, des
largeurs, des angles de coupe, et l'équerre du périmètre. Ce succès
n'est possible que si on s'assure de la précision des outils, gabarits,
pièces à couper etc. avant de faire la première coupe.
ARRONDIR LE POLYGONE - De façon à faciliter l'alignement des
différents anneaux qui composent le vase au moment de les coller
ensemble, je préfère les arrondir avant de les assembler pour
ensuite les tourner. Pour ce faire, j'ai fabriqué un gabarit que
j'installe sur ma ponceuse (Photo #9). Une pièce de bois est
coincée dans l'anneau. Un trou centré dans la pièce de bois glisse
sur une goupille qui est ajustable en relation de la distance de
celle-ci et du disque de sablage. En tournant l'anneau à la main, les
coins en saillie sont coupés. La goupille est alors rapprochée du
disque et une autre rotation est effectuée. Le processus est répété
jusqu'à ce que l'anneau soit rond.
PARALLÉLISME DE L'ANNEAU - Avant d'installer un anneau sur le
tour à bois, une des surfaces doit être suffisamment unie pour bien
s'adapter à la face des "mâchoires jumbo" du mandrin. Afin
d'enlever toutes irrégularités (colle séchée, séparateurs inégaux,
etc.), je ponce légèrement une surface sur la sableuse en un
mouvement de rotation horizontale pour la garder plane et aussi
pour éviter d'amincir un côté plus que l'autre. Ceci étant fait, je peux
maintenant mettre mon anneau sur le tour. (Photo 10) Les deux
surfaces sont tournées planes et parallèles. Et avec toutes les
précautions prises précédemment, il y a très peu de matériel à
enlever. Ce n'est qu'une question de s'assurer un plan de surface
précis et le parallélisme de ces deux surfaces. (Photo #11) Je
tourne ensuite un bord de l'anneau pour qu'il corresponde au
diamètre de celui sur lequel il sera collé afin de faciliter l'alignement
des lignes de joints. S'il y avait une dénivellation des deux anneaux
à la ligne de colle, le centrage et alignement seraient plus difficiles à
réaliser précisément. Les deux surfaces de l'anneau sont ensuite
sablées en utilisant un disque de sableuse auquel j'ai attaché une
poignée. (Photo12) J'utilise un grain #80 à cet effet.
J'en suis maintenant rendu au point où je dois coller mes
séparateurs horizontaux de noyer sur l'anneau. Certains penseront
peut-être qu'il aurait été plus facile de coller une planchette de
noyer au morceau de padouk avant de couper les segments. Oui,
beaucoup plus simple. Mais les ajustements qu'on a dû faire sur le
tour pour en arriver à une surface plane et parallèle à l'autre,
auraient eu comme effet possible l'amincissement du noyer, lequel
étant déjà mince, il en aurait résulté une ligne de noyer inégale.
Pour cette raison, je préfère faire le collage des séparateurs après
que l'anneau eut été rendu plane et parallèle. Je colle les
séparateurs en plaçant le centre de ceux-ci sur la ligne de joint des
segments afin d'accroître la rigidité de l'anneau. (Photo 13)
Suivant le durcissement de la colle, je réinstalle l'anneau sur le tour
afin d'aplanir la surface de noyer avec mon disque à sabler, enlever
tout résidu de colle sèche et le rendre apte à être collé sur un autre
anneau.
COLLAGE DES ANNEAUX - Avec le collage des anneaux, le projet
commence à prendre forme. La première pièce à coller est un tenon
que j'attache au premier anneau du bas. Ce tenon, fait de plaine, a
été ensuite fixé à un plateau de 6" avec six vis #10 de 2", et tourné
à une grandeur correspondante à l'anneau. Pour cette application,
je ne crois pas que le degré de fixation soit exagéré car le vase
aura environ trente pouces de long avec un diamètre de neuf
pouces à la partie supérieure. Trente pouces, c'est très distancé du
plateau et tout degré de déséquilibre serait grandement amplifié à
l'autre bout.durant le tournage.
Pour coller le premier anneau au tenon, le plateau et tenon sont
fixés au tour. Je retiens l'anneau avec les mâchoires "jumbo" de
mon mandrin. J'installe le mandrin sur la poupée mobile et
j'applique la colle sur la surface de l'anneau et du tenon. Les deux
surfaces sont alors jointes en me servant de la poupée mobile et
serrées fermement à l'aide ce cette dernière. De cette façon, je
m'assure d'un centrage parfait de l'anneau sur le tenon. Lorsque le
tenon est bien collé à l'anneau, je sépare le plateau du tenon pour
faciliter le collage des autres anneaux qui sera effectué suivant un
processus différent. Les trous de vis me permettront de replacer le
plateau plus tard à sa position initiale. En vue de l'assemblage et
collage des anneaux, je perce le tenon d'un trou de ¾" pendant qu'il
est installé sur le tour, ce qui m'assure un centrage précis. Je glisse
ensuite le tenon (et l'anneau qui y est collé) sur une tige filetée
de ¾" qui est fixée à mon établi. Ceci sera utilisé comme serre pour
le collage des anneaux. Remarquez (photo #14) que la surface
de l'anneau sur laquelle est le séparateur en noyer est placée vers
le bas. Ceci me permet, suivant une vérification de la surface
extérieure de chaque anneau qui a été ajouté, de corriger toute
imperfection sur le tour, du côté "padouk" sans affecter l'épaisseur
du séparateur de noyer qui serait aminci s'il faisait face vers le haut.
L'application de la colle doit se faire avec modération tout en
couvrant la surface entière des deux pièces à coller. S'il y a trop de
colle, le surplus sera expulsé lors du serrage créant un gâchis qui
devra être nettoyé. De plus, en serrant, l'anneau aura tendance à
"patiner" sur l'autre surface ce qui rendra l'alignement très difficile.
La photo #14 nous montre les anneaux retenus par le gabarit de
collage. J'applique premièrement une pression suffisante pour
expulser le surplus de colle que j'essuie avec un chiffon humide. Je
relâche ensuite un peu de tension ce qui me permet d'aligner les
joints des deux anneaux. Lorsque je suis satisfait de l'alignement, je
resserre lentement tout en surveillant la position des anneaux. Si
rien n'a bougé, j'ajoute graduellement plus de pression jusqu'à ce
que le tout soit bien fixé en place. Je continue de vérifier pour
quelques minutes pour m'assurer qu'il n'y a aucun glissement, ceci
étant une mesure de précaution qui peut éviter bien des ennuis, car
lorsque la colle a séché, il est alors difficile de corriger.
GABARIT DE COLLAGE - Maintenant, un mot concernant le gabarit
de collage. Premièrement, une tige filetée de ¾" est fixée à l'établi à
l'aide de deux écrous et rondelles. Un en dessous de la surface,
l'autre sur le dessus. Ceci permet d'ajuster la longueur utile de la
tige, de zero, à la limite de sa longueur. Faisant référence à la
photo #14, de haut en bas: 1) Un écrou ¾" incrusté dans une
pièce d'érable de 6" et retenu avec de la colle époxy. 2) Une croix
d'érable de 2" d'épaisseur qui distribue la pression sur le plateau de
pression. 3) Plateau de pression faite de deux épaisseurs de
contre-plaqué de ¾" pour redistribuer la pression sur la surface
entière de l'anneau. Différentes grandeurs de plateau peuvent être
employées en fonction de la grandeur de l'anneau.
TOURNAGE DU VASE - Après le collage de quelques anneaux
ensemble (en ce cas-ci, trois anneaux), je commence le tournage
du vase. Il est plus facile de tourner l'intérieur d'une pièce de 6" de
profond que d'attendre et tenter de tourner l'intérieur d'un vase de
30". Je tourne donc après chaque ajout d'environ 6" de matériel.
(Photo15) Seul l'extérieur n'est qu'arrondi pour le moment afin
d'équilibrer la pièce et ainsi éviter les vibrations. Pour ce projet
surtout, il est important qu'il ne soit complété que lorsque tous les
anneaux seront en place. Je pourrai alors les amener à une surface
unie sur toute la longueur du vase. Si jamais, il y avait trop de
matériel d'enlevé d'un anneau, il serait alors impossible d'avoir une
surface en ligne droite à la finition. Mais pour l'intérieur, je dois le
tourner aussi près que possible de sa condition finale pendant qu'il
est facile de le faire.
Lorsque ceci est complété, et avant d'enlever la pièce du tour, je
m'assure que la surface extérieure du dernier anneau qui a été
collé est absolument plate et prête à recevoir l'anneau suivant. Je
fais les corrections requises le cas échéant. On voit dans la photo
#16 l'ajout de deux anneaux qui ont été assemblés séparément. Le
centrage en vue du collage se fait donc à l'aide des mâchoires
"jumbo" et du mandrin sur la poupée mobile. À remarquer sur la
photo que la surface du vase est encore à ce moment un peu
ondulée puisque l'extérieur des anneaux n'a été tourné que
suffisamment pour assurer la rondeur et l'équilibre de la pièce.
Lorsque le vase atteint une certaine longueur, j'installe sur mon tour
un "support de centre" (de fabrication artisanale) car il
deviendrait risqué d'y travailler à l'intérieur s'il n'était retenu que par
le plateau de la poupée fixe. . (Photo 17
Suivant le tournage de l'intérieur, j'emploie ma ponceuse de "super
haute technologie" un manche de pelle dont le bout a été fendu sur
la scie à ruban. (Photo 18) J'insère une feuille de papier à
poncer dans la fente, resserre l'ouverture avec des vis et enroule la
feuille autour du cylindre. Avec cet outil, je peux appliquer la
pression nécessaire pour le ponçage à gros grains car le tout est
soutenu par mon support de centre. Je n'ai donc qu'à enfoncer la
ponceuse à l'intérieur tout en maintenant une pression raisonnable
contre la paroi du vase et continuer ainsi dans un mouvement de
va-et-vient pendant que le tour est en marche. (Photo18) La
longue surface de contact de la ponceuse fait en sorte que les
hauts points sont coupés résultant ainsi à niveler le mur intérieur.
Seulement le gros ponçage est fait pour le moment. Celui de finition
sera complété lorsque celui de l'extérieur sera fait.
Il est maintenant temps de finir le tournage de l'extérieur de la
portion centrale du vase. Le pied du vase ainsi que la partie
supérieure n'ont pas encore été installés. Ceci sera fait suivant le
parachèvement complet de la partie centrale, la raison étant qu'ils
gêneraient l'usage d'un gabarit dont je prévois me servir pour
rainurer la surface lorsque celle-ci aura été tournée et dégauchie
sur toute sa longueur. Pour faciliter le dégauchissage, j'ai installé
mon porte-outils le plus long, (photo 19) ce qui me permettra un
accès à la longueur totale de la pièce. Un autre avantage du long
porte-outil est le fait qu'il me sert de guide rectiligne pour réaliser
une coupe unie sur toute la longueur du vase. Pour cette phase du
tournage de l'extérieur, j'ai dû enlever le support de centre, et pour
assurer un soutien adéquat, je me sers de la poupée mobile.
Celle-ci est resserrée sur un plateau de pression artisanal qui est
accolé contre le bout du vase. Ce plateau est fabriqué d'un disque
de ponceuse de 10" en acier sur lequel j'ai ajouté trois épaisseurs
de caoutchouc provenant d'une chambre à air de camion. Quoique
ce ne soit pas un besoin absolu pour ce projet, dans certaines
applications de collage, le caoutchouc prend forme autour des
petites irrégularités sur la face de la pièce à coller, et ainsi applique
une pression égale sur toute la surface.
Sur la photo #19, vous avez peut-être remarqué que mon gouge
semble perché sur le tour dans une position précaire. Soyez sans
inquiétude, il ne tombera pas. J'ai installé un aimant dans le
manche ce qui le retient au tour. Je le mentionne car je trouve ce
truc très utile et j'ai mis des aimants dans les manches de tous mes
ciseaux à tourner. Je n'ai donc pas à les retourner à leur casier
chaque fois que je fais une pause.
RAINURES HORIZONTALES - Le tournage de l'extérieur du vase
est maintenant complété et un sablage rudimentaire a été fait avec
un papier sablé #60. Le papier a été gardé à la longueur totale
d'une feuille, c'est-à-dire 11" dans un bloc carré dans le but
d'enrayer toutes inégalités mineures de surface. Après vérification
avec le bord d'une règle, le constat est fait que la surface est
parfaitement uniforme sur toute sa longueur. Je peux maintenant
procéder au rainurage des séparateurs de noyer à une profondeur
d'environ ¼" avec une mêche à toupiller de forme arrondie de ½".
(Core box bit). La toupie est installée dans mon gabarit à rainurer
horizontal que j'ai fabriqué spécifiquement pour ce genre de travail.
Comme on le voit dans la photo #20, la hauteur du gabarit est
ajustable en faisant glisser les pattes dans des fentes qui
permettent d'aller dans toutes les directions.
La base supérieure sur laquelle est installée la toupie touche à
peine le vase qui est en dessous. Une fente dans la base permet à
la mèche de la toupie d'atteindre la surface du vase. Enfin, un cadre
dont l'intérieur est de la largeur exacte de la base de la toupie est
ajustable latéralement aux deux bouts afin de centrer la mèche
directement sur les séparateurs de noyer entre les segments du
vase. Suivants tous les ajustements possibles au gabarit, le tout est
vérifié et revérifié et je m'assure que tout est bien serré afin que rien
ne bouge durant l'opération de toupillage. La première passe est
faite avec un peu d'appréhension car un faux mouvement pourrait
ruiner le vase. Eh bien, tout a bien fonctionné et la première rainure
est bien centrée et à une profondeur adéquate.
Pour les passes suivantes, je me sers de l'index du tour pour
positionner le vase de façon à ce que le prochain séparateur de
noyer soit directement sous la mèche de toupie. J'ai 36 positions
d'index sur mon tour et le vase a 12 segments par anneau, donc je
tourne le vase trois positions d'index pour me situer au bon endroit
pour couper la rainure suivante. Ici, je me permet une parenthèse
pour dire que voici une raison pourquoi il est si important de
s'assurer d'une longueur uniforme des segments au moment de la
coupe tel que mentionné plus haut au chapitre sur la coupe des
segments. Maintenant tout devrait bien aller. Ah oui? Je suppose
que je me suis laissé aller dans un état de complaisance. Durant
une passe de toupie, la goupille qui bloque la roue de l'index n'était
pas complètement engagée dans son encoche et le vase a tourné
sur son axe. Je ne suis devenu conscient de la situation que
lorsque la toupie eut coupé dans trois segments. Voir Photo 21. Ma
première réaction fut de me traiter de stupide ainsi que de la plupart
de ses synonymes pour ce manque d'attention. Simplement
exprimer mon désappointement peut difficilement décrire mon état
d'esprit à ce moment. J'étais assuré que le vase était ruiné et
irréparable.
Mais après m'être calmé, j'ai examiné la situation d'une position
faisant face au bout supérieur du vase. En imaginant une ligne
droite entre le fond de la rainure d'un côté des segments
endommagés et le fond de la rainure de l'autre coté, j'ai réalisé
qu'en enlevant la portion supérieure des trois segments, je pourrais
y coller une pièce de remplacement. Je dois avouer que j'ai été
tenté de réparer les dommages et ne rien mentionner. Mais j'ai
compris que ceci était une belle opportunité d'inclure une section
dans mon texte concernant le recouvrement d'une pièce suivant
une erreur, car je crois fermement que ceci faisant partie du
tournage du bois, il faut accepter ce fait et apprendre à corriger ses
erreurs. Ceci est une vérité que j'ai dû accepter car c'est ma porte
de sortie plus souvent que je ne voudrais l'admettre. Évidemment il
n'y a pas de procédure standard de recouvrement car il faut
composer avec la situation qui se présente, au moment où elle se
présente et dans ce cas-ci, j'ai procédé comme décrit ci-dessous.
RECOUVREMENT DE MA MALADRESSE - J'ai enlevé la base
supérieure de mon gabarit à rainurer et y ai attaché une pièce de
mélamine dans laquelle j'avais coupé une ouverture ce qui me
permettait de me servir d'un guide de toupie. (Photo22) Avec un
couteau droit dans la toupie, j'ai enlevé la surface des trois
segments à une profondeur égale à la portion endommagée, créant
ainsi une surface plate pour le collage d'un morceau de
remplacement. La Photo23 illustre le résultat tel que vu du bout
supérieur du vase. J'ai ensuite fabriqué un morceau de
remplacement de forme identique aux trois segments et d'une
épaisseur un peu supérieure à la cavité puisque le tout devra être
tourné égal au diamètre du vase. J'ai dû inclure les deux
séparateurs de noyer de façon à couvrir la section complète.
(Photo24) Le morceau de remplacement fut ensuite collé et
retenu par des collets métalliques. (Photo 25)
Suivant le tournage pour ramener les trois segments au niveau du
reste du vase, je devais réparer les rainures horizontales. Pour ce
faire, j'ai fabriqué un outil de sablage en collant une pièce de
goujon cylindrique d'un demi-pouce de diamêtre sur le bord d'une
planchette de même épaisseur que j'ai ensuite enveloppé dans un
morceau de papier sablé #60. J'ai formé les rainures à la
profondeur requise avec cet outil, pour ensuite les adoucir avec du
papier sablé plus fin. Ce fut ensuite les rainures verticales que j'ai
coupées sur le tour avec une gouge d'un demi-pouce, arrêtant le
tour fréquemment pour m'assurer que je ne coupais pas plus
profondément que les rainures horizontales. Et c'est ainsi que le
padouk ressort vraiment comme des "carrés" entourés de
séparateurs de noyer. Le ponçage final des rainures jusqu'à une
grosseur de 320 effaça toute trace de réparation au point qu'il est
impossible de différencier les trois segments remplacés des autres
composant le vase. Voir photo 26. (Ceux dans le centre de la
photo) Subséquemment à ce travail de recouvrement, on ne peut
pas parler de "vase réparé" puisque le morceau de remplacement
est devenu partie intégrale du vase et un joint collé bien fait est plus
fort que le bois lui-même. C'est une pièce de bois collé comme tous
les segments le sont et la rigidité du vase n'en est nullement
affectée.
FABRICATION ET AJOUT DE LA BASE - La partie centrale du
vase étant maintenant complétée, à l'exception du ponçage final, il
est maintenant temps d'y ajouter une base. Il me fallait donc
assembler un bloc dans lequel j'allais tourner la base. J'ai
premièrement collé une planche de padouk entre deux morceaux de
noyer de différentes épaisseurs qui fut ensuite coupé en douze
segments. Remarquez qu'une pièce de noyer étant plus épaisse
que l'autre, il fallait être prudent concernant le côté de la planche à
couper. (Le padouk n'était pas centré). En coupant de la même
façon qu'on le fait pour un morceau de bois d'un seul type, c'est à
dire, couper un segment, culbuter le morceau pour en couper un
autre, etc., la ligne de padouk n'aurait pas été alignée proprement
dans l'anneau fabriqué car il aurait été plus près d'un bord pour un
segment et plus près du bord opposé pour le segment suivant. Il
fallait donc couper un segment, culbuter le morceau pour y enlever
un coin (renverser la direction de l'angle), retourner le morceau
de nouveau et couper le segment suivant. Il fallait aussi prendre en
considération cette perte de bois et l'ajouter à la longueur du
morceau dans la planification. Avec le padouk inséré entre les
morceaux de noyer de cette façon, lorsque le tout sera tourné dans
une forme de double courbure, celui-ci aura un aspect non linéaire
et plus attrayant. La photo 27 montre le bloc étant collé à une base
de MDF qui a été attaché à un plateau de 6" avec du ruban gommé
double face. Un mandrin est employé pour centrer le bloc sur la
base et une pression est appliquée avec la poupée mobile pendant
le collage.
La base est ensuite tournée et poncée de façon rudimentaire. Le
ponçage final sera fait lorsque le vase sera assemblé au complet y
compris la partie supérieure. Afin d'attacher la base à la partie
centrale, il faut premièrement séparer cele-ci du tenon qui servait à
la retenir sur le tour. Pour amputer le tenon, je réinstalle le support
de centre pour soutenir le bout supérieur du vase. Par précaution,
je couvre le tour d'un linge épais pour protéger le vase en cas de
séparation inattendue. Ceci pour prévenir les égratignures et autres
dommages possibles lorsque les morceaux se détacheront. Le
tenon est coupé partiellement avec un ciseau tronquoir, le tour est
arrêté et le reste est complété avec une scie. Une courte section du
tenon a été laissée attachée au vase afin de fournir plus de
surfaces de collage pour le raccordement à la base. Les deux
pièces sont ensuite jointes et collées en insérant le bout de tenon
dans l'orifice préparé à cet effet dans la base. Je m'assure que
l'autre bout du vase est bien centré sur le tour et effectue le serrage
en me servant de la poupée mobile. (Photos28/29)
FABRICATION ET AJOUT DE LA PARTIE SUPÉRIEURE - La
partie supérieure du vase est faite de douze gros segments de
noyer. La photo 30 nous montre le bloc de noyer après le collage
des segments. Le plateau qu'on voit dans la photo n'a pas été
utilisé pour le montage sur le tour. J'ai plutôt employé un mandrin
"Oneway" avec des mâchoires #3 pour la retenir de l'intérieur tel
qu'illustré dans la photo #31. Je l'ai alors tournée autant que
possible avant de l'attacher à la partie centrale du vase afin de
profiter d'une meilleure stabilité que lorsque qu'elle sera attachée
au reste du vase. Après un tournage rudimentaire j'ai coupé le bord
extérieur en forme de queue d'aronde. Ceci m'a permis de
renverser la pièce et la retenir avec mes mâchoires "Jumbo" afin de
tourner le côté opposé, où j'ai formé une encoche qui sera insérée
à l'intérieur du vase et ainsi offrira plus de surface pour le collage.
Les deux morceaux ont ensuite été collés et retenus fermement sur
le tour avec la poupée mobile servant pour appliquer la pression.
TOURNAGE FINAL - Je suis enfin rendu au point où, pour la
première fois, le vase est complètement assemblé. La partie
centrale ne requiert pas beaucoup de travail additionnel excepté un
peu de ponçage de finition. Mais les deux bouts ont besoin d'être
façonnés afin qu'ils se marient parfaitement avec le centre. Avec
l'aide du support de centre pour soutenir la partie supérieure du
vase, le tournage intérieur est effectué. Vient ensuite le ponçage
jusqu'à un grain #320. Après l'avoir nettoyé avec de l'essence
minérale, j'applique de l'huile de lin bouillie. Faisant fonctionner le
tour à vitesse moyenne et avec une pression raisonnable sur
l'applicateur, l'huile se réchauffe, pénètre mieux et "cuit" en place
ce qui le fait sécher plus vite. Une couche de gomme-laque est
ensuite vaporisée ce qui facilite la pose sur le fond du long vase.
De plus, avec le vase tournant, les vapeurs sont distribuées plus
adéquatement sur les parois du vase par la force centrifuge sans
avoir à les vaporiser directement. Suivant le séchage de la
gomme-laque, trois couches de laque claire sont appliquées de
façon similaire.
Avec l'intérieur complété, je peux maintenant me concentrer sur la
surface extérieure. Je dois donc enlever le support de centre et de
façon à soutenir la pièce, j'emploie la poupée mobile et un plateau
sur le bout du vase, je m'assure que le plateau est bien centré et
j'applique une pression ferme. L'extérieur des deux bouts du vase
sont alors tournés à leur forme finale. Suit le ponçage jusqu'à une
grosseur de 320. Je m'assure que la surface est nettoyée entre
chaque grosseur avec de l'air comprimé suivi d'un essuyage avec
un linge propre. Avant d'appliquer le fini protecteur, j'essuie le bois
avec de l'essence minérale portant une attention spéciale aux
rainures qui sont plus propices à l'accumulation de la poussière de
ponçage. Pour la finition, je débute avec une couche d'huile de lin
bouillie appliquée avec un linge que je presse contre la surface du
vase afin de créer de la chaleur pour une bonne pénétration et
séchage rapide. Le tour est arreté pour traiter le fond des rainures.
Ceci est suivi d'une couche de gomme-laque. En raison de la
surface rainurée, je préfère vaporiser la gomme-laque pour éviter
une accumulation du produit sur les bords des rainures, ce qui se
produirait si appliqué avec un linge. Comme produit final de finition
j'ai premièrement employé du vernis "spar" contenant un protecteur
anti-UV. La raison étant que le vase est fabriqué en grande partie
de padouk, un bois qui change rapidement de couleur
lorsqu'exposé aux rayons ultraviolets, et je voulais lui conserver sa
couleur originale plus longtemps. Non pas qu'un air vieillot soit
désagréable en apparence car il deviendra alors d'une riche teinte
rouge foncé légèrement jaunâtre, mais j'aime aussi sa couleur de
"frais fini".
Suivant l'application de trois couches de vernis "spar", j'avais
l'impression que le résultat s'avérait d'une apparence plutôt
"plastique". J'ai donc poncé légèrement la surface pour ensuite la
recouvrir de trois couches de laque claire. Ceci a eu comme résultat
d'amméliorer l'apparence finale tout en maintenant la protection aux
rayons ultraviolets.
CONCLUSION - Et ceci termine le projet de fabrication d'un vase
segmenté. Le produit de mes efforts ou devrais-je dire, de mes
heures d'agrément, est exhibé dans la photo #32. Ce fut un projet
plaisant; aussi bien la fabrication que la documentation du progrès
au cour de son élaboration. Je voudrais ici, souligner que ce
document n'a pas été préparé avec l'objectif d'en faire un objet de
formation. D'autres que moi ont plus de compétences en ce
domaine. J'ai voulu simplement partager "ma façon" de fabriquer un
vase segmenté. Et si des tourneurs, débutants ou autres, peuvent
en retirer quelques informations ou réponses à leurs questions, ce
sera un résultat positif à une tâche qui me fut bien agréable.
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